Présentation avec la mère-cho

Que veux dire une mère-cho ?

C’est une femme. Elle a deux pépites, ses enfants, Joseph et Julianna. Un mari Samuel et une chatte Huguette. Elle cherche du travail, elle est au chômage depuis quelques temps mais elle vient de perdre récemment ses allocations et elle se rend compte qu’elle va basculer de statut en devenant une mère au foyer-chômeuse.

Elle pense sincèrement que si il devait exister la 8ème merveille du monde, ce serait l’emploi. Pas besoin d’aller bien loin pour aller vouloir l’admirer. Elle se demande si elle est la 3 500 000ème chômeuse ? Et si les 265 300 autres chômeurs-ses sont arrivés après elle ?

Elle commence même à fantasmer sur un éventuel recruteur qui se retournerait comme l’un des membres du jury « the voice » et qui lui dirait « je te veux….dans mon entreprise». Elle redescend de cette douce pensée très vite, en ce disant qu’il doit être adulé par des milliers d’autres chômeurs-ses comme elle.

Mais comment sortir du lot ?

Elle repense à comment tout cela a commencé. Elle se dit que quand elle avait eu son premier, elle était considéré comme une courageuse mère qui bossait, qui s’assumait, qui essayait de concilier vie de famille et vie professionnelle. Elle était limite « admirée» parce qu’elle essayait (et arrivait) à mener tout de front.

Quand elle a eu son deuxième, elle a choisi de prendre un congé parental. Elle est passée de la femme courageuse à éventuellement celle qui cherche la bonne planque pour éviter un futur retour à l’emploi. Mais quand même aux yeux de certains elle restait une femme admirable qui souhaitait s’occuper de ses enfants. Elle continuait de se sentir encouragée. Bien sûr, quand elle a souhaité prolonger son congé, elle est passée pour la flemmarde qui ne veut pas retourner bosser…même si elle avait les cheveux gras, et qu’elle portait le même jeans pendant 10 jours consécutifs.

Le sort de ce contrat à durée déterminée qu’elle possédait a tranché. Son employeur l’a salué mais sans poignée de main. Et la voilà dans ce nouveau cercle d’amis. Elle ne réalisait pas encore qu’elle allait avoir plus de 3 millions de copains et copines, un père et une mère d’adoption. Comme on dit « on ne choisit pas sa famille ».

Quand elle annonçait clairement et sans détour qu’elle était au « chômage ». Ce mot fait peur à beaucoup et au final, les gens commençaient à la regarder avec un air triste. Comme si elle allait disparaitre au fin fond de l’humanité. Elle s’éloignait au fur et à mesure du temps de cette première image si bien construite. Elle savait qu’au fond, rien n’avait réellement changé mis à part son statut. D’autres méfiants de sa sincérité, pensaient encore qu’elle bâtissait les fondations de sa première planque construite quelque trois années en arrière.

Les « ha ouais ? Mince ! » Et « tu cherches dans quoi ? » lui mettaient le doute. Elle devait être pour certains une indécrottable feignasse qui voulait vivre au crochet de la société…pour peut qu’elle ne montrait pas de signe d’angoisse et qu’elle n’éclatait pas en sanglot avec quelques reniflement entre deux phrases explicatives.

On dit de ces bonnes expressions « C’est un cercle vicieux «  ou « C’est comme le chat qui se mord la queue ». En clair, qu’une fin potentielle n’existerait pas. Eh bien pour les allocations si.

Même si elle le comprend parfaitement, la mère-cho a changé de crochet. Ce crochet est celui qu’elle a tissé avec amour pendant de longues années : Sa relation avec son aimable mari, avec qui elle sait qu’elle partagera « le meilleur » comme « le pire ».  Elle l’enviait son statut « d’homme actif ». Elle prenait un plaisir à s’imaginer déposer les enfants avec un pas pressé en leur disant : « vite, faut qu’on se dépêche, je vais être en retard au travail ». Des phrases banales, certains s’en agacent, mais elle, elle aimerait tellement les prononcer. Un regard nouveau s’ouvre à elle. Et ce statut précaire, la rends férocement plus amoureuse…. Et elle finit par penser « nannn m’laisse pas, pas toi ».

Voilà ce qu’est une mère-cho, voici les aventures de cette brave femme que je vais vous décrire, hebdomadairement…au titre d’un rdv chaque dimanche.

A lire absolument avant : Aucuns faits, ni récits sont autobiographique. Il ne me concerne pas le moins du monde. Tout cela bien sûr est tiré de la fiction que ma propre tête veut bien me fournir. Ceux à quoi, j’ai l’aimable gentillesse de vouloir partager tout cela avec mes propres lecteurs, abonnés. Blablabla, blablabla.

RDV dimanche 14 mai pour le prochain épisode