Marthe et Suzanne – La Saint-Valentin, suite et fin

De son côté, Marthe, avait fini sa journée doucement. Elle étendit les dernières serviettes avant de pouvoir fermer boutique. Quand elle se redressa, elle eu l’agréable surprise de voir Jacques devant la porte de son salon de coiffure, un bouquet de rose rouge à la main. Il entra, essuya délicatement ses pieds et avança en lui tendant le bouquet. Une fois qu’il fut suffisamment proche de son visage, il lui murmura à l’oreille « Bonne Saint-Valentin ». Marthe ne put cacher sa joie. Elle se cambra et lui sauta au cou, en s’exclamant « bah ça alors, merci beaucoup ! C’est très gentil à toi, tu ne m’avais pas prévenu que tu passerais ? »

Il l’embrassa et lui dit « J’avais envie de te faire la surprise ».

Le lendemain matin, Suzanne partit boire le café chez Marthe. Lorsque Suzanne entra, elle aperçut le magnifique bouquet de roses qui trônait avec cette réjouissance suffisante pour en remplir l’ensemble de l’atmosphère et trahir la soirée que Marthe avait dû passer. 

Suzanne, la mine un peu défaite, compris rapidement. Marthe s’exclama :

— « Alors Suzanne, comment tu vas ? Ta soirée ? Raconte !!!! 

— Oh bah, Marthe, tu sais, y a pas grand-chose à raconter, à part la même histoire qui se répète depuis qu’il a décidé de se mettre à son compte.

— Comment ça ? dit Marthe. Il n’a pas pu oublier la Saint-Valentin tout de même ? Allez viens, on va s’asseoir et si tu le veux, tu me raconteras ». 

Pendant que Marthe finissait de préparer le café, Suzanne ne put s’empêcher d’attraper un cookie qui était posé sur une assiette et qui devait accompagner cette odeur fumante et délicate du café. Elle regardait autour d’elle et elle commença à se sentir envahie d’une certaine mélancolie. Elle ne put attendre d’être assise et lâcha, « Marthe, il n’a pas oublié, il est arrivé en retard comme d’habitude, mais nous n’avons pas pu manger au restaurant, l’heure de notre réservation était déjà dépassée et on a fini par se retrouver à manger mon repas de secours ».

Tout en marchant le plateau à la main pour atteindre le salon, Marthe lui répondit : 

—« Tu sais Suzanne, je pense que Diego doit être de bonne volonté, mais que les événements lié à son travail, s’oppose à son envie de te faire plaisir.

— Ça doit être sûrement cela, et toi alors ? Comment as-tu passé ta soirée ? À voir ce magnifique bouquet, je pense qu’il y en a un qui s’est rendu disponible.

— Oui, Jacques m’a fait la surprise de venir un peu avant la fermeture. Il m’a emmené manger mexicain, et puis voilà, une soirée bien sympa.

— Oh ! Marthe ! dit Suzanne d’une voix qui s’approchait de la supplication, ne te sent pas obligée de censurer ta joie pour moi. Allez, raconte-moi tout, mais je pensais que tu n’étais pas très fan de la nourriture mexicaine ?

— Tout à fait ! Bon, j’ai pas voulu le décevoir alors j’ai fait semblant d’être surprise et d’apprécier ses efforts. Mais je pense qu’il a dû le comprendre quand il a vu ma tête et que j’ai commencé à croquer dans ce tacos qui débordait de cette purée d’haricots noirs » . 

Elles se mirent à s’esclaffer de rire et Suzanne ajouta « Diego n’a pas eu le temps de récupérer le bouquet qu’il avait commandé, il m’a dit que la prochaine fois, il le ferait livrer directement à la maison. Il m’avait également dit qu’il n’avait pas eu le temps de me faire de cadeau. Mais ce matin à mon réveil, j’ai senti sur l’un de mes doigts, un anneau. J’ai pensé que c’était bizarre, car je n’aime pas m’endormir avec mes bagues et puis j’ai eu le plaisir découvrir ce petit bijou à mon annulaire gauche. Elle la regardait avec une douce affection. « Il sait encore faire des surprises, après autant d’années de mariage » pensa tout haut Suzanne. 

« Il a très bon goût, ton homme ! » Lui lança Marthe, d’une mine réjouie et elle ajouta « Jacques m’a offert une carte cadeau, il trouvait que cela était beaucoup plus pratique. J’étais déconcertée quand j’ai ouvert l’enveloppe et que j’ai découvert cette carte. Je pensais qu’il ferait l’effort de personnaliser un peu plus, à travers son cadeau, ses sentiments envers moi. J’en suis donc au stade de la carte ».

Elles éclatèrent de rire, en dirigeant toutes deux, leurs regards vers les roses éclatantes. Elles fussent stupéfaites d’observer le jeu de séduction que provoquait sur elles, cette si douce lumière matinale. 

Fin

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