Remediation 5 et fin

Quand on décide de recentrer sa vie. Quand on sent que c’est le bon moment. Où qu’on n’a pas le choix, qu’il faut plutôt agir que de se voir dépérir. 

La peur.

 La peur est une émotion tellement déstabilisante. Que l’on n’apprivoise pas aussi facilement.

La peur est, ce point déterminant qu’il faut lutter constamment. La repousser, comme un sac que l’on voudrait jeter le plus loin possible. Mais on le retrouve constamment sur notre route. Avec le temps et si on décide de travailler dessus, on apprend alors à le jeter un peu plus loin. Et encore plus loin. 

Dans ce tourbillon d’émotions qu’est la reconstruction de soi. La colère est bien souvent au rendez-vous. 

La colère qu’on retourne contre soi. Contre les autres. Contre le monde entier. 

La colère qu’on essaye de dissimuler.

Cette colère parfois nécessaire pour avancer.

Il devient alors, grand temps de prendre un autre élan. Après la chute, la déception, la réflexion, l’apitoiement accompagné de ce larmoiement intérieur, je me relève et j’affronte les pénibles difficultés que me font apparaître la réalité.  

J’ai compris également que le plus important n’était pas seulement de me préserver moi, mais également celui qui se ronge les sangs, qui m’écoutent patiemment, mais qui bout intérieurement de ce sentiment d’être démuni face à mon accablement.

L’heure de relativiser à sonner. Chaque problème à son degré. Le monde de mon travail, n’est que le monde du travail et que le travail n’est pas la vie. 

Sans cette peine, je n’aurais pas pu faire le point sur moi-même et connaître l’impulsion que j’ai envie de donner à ma carrière professionnelle. 

Je n’aurais peut-être jamais autant creusé, je n’aurais peut-être pas chouchouté ce bonheur incontrôlable qui m’envahit et que je n’ai de cesse de gratifier, quand je me retourne et que j’observe le chemin de ma vie. 

Récemment, j’avais lu des mots de Christophe André, un article dans « Madame Figaro » lui avait été consacré, car il a sorti un nouveau livre « Consolations, celles que l’on reçoit et celles que l’on donne ».

La dernière question qui lui avait été posée était « Vous écrivez que l’on peut non seulement se consoler, mais aussi aimer profondément nos blessures. N’est-ce pas un peu utopique ? Voire hypocrite ? »

Sa réponse fut celle-ci : « C’est pourtant ce que les Japonais nous apprennent en cultivant l’art du kintsugi, c’est à dire la réparation des objets cassés avec de la laque d’or, ce qui donne de magnifiques cicatrices. Cette sagesse implique que non seulement on panse les blessures, mais on les rend belles et visibles. J’aime cette pratique dans l’air du temps, qui consiste à réparer plus qu’à jeter. D’autant plus que j’ai rencontré moi-même des humains kintsugi, qui ont pleuré, souffert et ont recouvert leurs cicatrices de sagesse. Ils ont traversé un bout d’enfer et en sont sortis plus beaux. Aujourd’hui, un nouveau terme émerge, au-delà de la résilience, la « croissance post-traumatique ». Beaucoup d’études indiquent que non seulement nous pouvons récupérer, mais aussi sortir enrichis d’une expérience douloureuse. À condition de disposer de ressources personnelles dont nous avons parlé. Cioran, qui n’était pas un doux rêveur, écrivait : « Toute douleur est une chance. » Mais il ajoutait « Pour certains, la foi, quel que soit son visage, naît paradoxalement de l’expérience de la souffrance. Quand le temps de la désolation est passé, les vrais secours vienne aussi de l’immatériel : l’amour, l’art, la spiritualité…. »

J’arrive à la fin de cet essai que j’ai intitulé introspection-remediation. 

J’ai creusé pour chercher et j’ai compris au moment de son écriture, que le plus dur est de ne pas se laisser entraîner par ses sentiments qui peuvent nous égarer dans une déception bien plus grand que celle causée. 

Consolation, tu peux rentrer. 

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