L’aventure de l’ébauche matinale

J’ai recommencé cette ébauche et aventure plusieurs fois.

La première en me levant à 08h30, un matin. Fatiguée de ma nuit entrecoupée mais bien décidé à écrire. Ma fille à mes côtés, ne me laissait pas mettre mes phrases en place, tellement qu’elle m’interrompait mais je résistais car je sentais qu’il fallait que je puisse pouvoir organiser quelque chose sur cet espace.

Parce que j’avais grandement besoin de pouvoir y revenir. J’étais super contente, après mes lignes d’écritures. Cela m’avait fait ma journée, en considérant que je ne l’avais pas perdue, car le plus fastidieux était concentré ici. Le plus important pour moi était bien sûr d’avoir réussi à caser un contenu que j’avais envie de proposer, mais surtout que cette fois-ci, j’avais pu le faire. En trouvant l’énergie (et p’tète le tourment ?) nécessaire.

Une semaine plus tard, je suis encore ici. Mais levée à 06h. Bien motivée, mais parasiter pas par ma fille, mais par quelques tracas du quotidien et autres. Alors, comme je peux pas rayer, je change de page, enregistre les brouillons et bla bla bla.

Comme a fait le prince Philip avec la Reine Elizabeth II, en 1994, sur un quai de Belize, lorsqu’elle échangeait poliment avec ses hôtes quand il lui a lancé « Et patati et patata…………..Allez, on y va ! »

J’ai lu ça hier soir, dans le Paris Match. J’ai trouvé ça, super drôle. Alors j’y vais également, mais où ? Dans le vrai fond de cet article ?

Pour écrire, il faut trouver un sujet. Cela je n’en manque pas. Mais dès lors que j’essaie de m’aventurer sur le ou les sujets qui m’intéressent, je me retrouve comme éloigné de mon premier sujet en pensant que l’autre serait beaucoup mieux, beaucoup plus adapté, etc….les motivations sont nombreuses ou peut-être que mes idées se battent pour être à la une ?

Après, j’ai le doute. Est-ce vraiment utile ? Cela n’intéresse que moi, mais sûrement pas les autres. Ce n’est pas assez important et mes brouillons s’accumulent.

C’est dur, surtout quand mes phrases défilent déjà toutes prêtes dans ma tête. Construites et parfaitement claires, limpides sur le sujet ou le thème que j’aimerais aborder. Je me dis « oui, c’est exactement cela ». Et puis j’abandonne, je cours  à l’écriture d’autre chose, la vie m’oblige à me tourner vers autre chose. Satané quotidien. Satané quotidien de mère de famille. Satané quotidien de mère de famille, crevée et au bout du boulot et du rouleau.

J’en veux à Virginia Woolf de m’avoir éclaircit sur la solution : Une chambre à soi, une rente et du temps pour soi.

Je pourrais me débrouiller pour avoir une chambre à moi. Une rente, pas possible mais je n’ai pas à me plaindre comparé à d’autres. Du temps pour moi, finalement c’est ça le problème. Alors il faudrait que je puisse en extirper du temps au temps. Ou plutôt me l’accorder sans me dire que je serai usée à fin de la journée. Surement que je dormirai mieux et que j’aurai tout gagné, car j’aurai la satisfaction de mon écriture accomplit.

Faudrait donc, que ma flemmardise arrête de s’en mêler. Qu’a la fin de mes très longues journées, le peu de temps me restant, il faudrait que j’arrête de vouloir m’accorder de la distraction en essayant de lire, d’occuper mon temps derrière la télé à visionner des films ou autres. Faudrait que je pousse un peu plus sur ma condition psychique et que j’accepte d’être un peu plus bousculée et donc fatiguée, mais que ma récompense serait de me retrouver nez à nez avec cette béatitude tant attendu et surtout surtout cette satisfaction personnelle d’avoir enfin réussit.

Faudrait que je flanque une grande claque à ma culpabilité, toujours aussi présente. Car elle me laisserait pas pleinement profiter de cette satisfaction. J’aurais toujours l’impression d’avoir réussi à léser quelqu’un. Si ce n’est pas moi, se sera quelqu’un d’autre.

Faudrait que j’arrive à penser à moi. Hein ? Tu me donnes pas raison, toi l’immensité du net. C’est p’tète parce que tu es tellement grande que j’y viens fourrer mes inquiétudes et mes doutes.

Merci. Merci d’être là alors.

Attendez (où attends, je n’ai pas si je dois tutoyer moi qui ai une préférence au vouvoiement…enfin….au début, mais je viens de réaliser que je n’en suis plus à mes débuts avec vous, alors ce sera tu)

Attends, mais je constate quelque chose. J’allais écrire « y a plus qu’à ». Mais enfin ce « qu’à » est là. Puisque actuellement et surtout temporairement ma chambre à moi est le jardin. J’ai réussi à soutirer du temps à mon quotidien, j’ai bravé ma flemmardise et je verrai lorsque la fin de la journée se présentera, si j’ai réussi a effleurer ma culpabilité et préserver mes nerfs, je n’aurais pas lésé quelqu’un dans cette journée et je n’aurai pas fait marché la machine à culpabilité.

Tu vois ? Tu comprends ?

Le prince Philip il a dit en 1981, alors que le chômage bat son plein : « Avant, on réclamait plus de loisirs. Maintenant, on se plaint d’être sans travail ».

Bon c’est drôle non. Même si le contexte pour le dire n’était pas le plus approprié, et ben ça m’a fait réfléchir.

Avant, je me plaignais de ne pas avoir de travail et d’essayer d’utiliser mon temps en quelque chose de concret. Même si les enfants c’est très concret, ben cela ne m’était pas suffisant. J’avais besoin d’avoir cette dissociation de l’utilisation de mon temps. Maintenant que j’ai le travail, je viens ici écrire que je manque de temps, d’énergie etc….

C’est toujours quand on a les choses devant soi, qu’on ne les voit pas.

Alors j’ai tapé dans la barre du moteur de recherche de ton immensité majestueuse « C’est toujours quand on a les choses devant soi ». Parce que je voulais l’avoir devant moi. Et j’ai trouvé plusieurs pages de citations de l’écrivain Romain Gary sur son roman intitulé « la vie devant soi ».

Il y en a une que j’ai sélectionné. Elles sont vraiment très intéressantes mais celle-ci me semble l’être encore plus :

« Dans la vie, c’est toujours la panique »

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