1er épisode : Quand la mère-cho se rend compte qu’elle va basculer de statut.

 

Y a un m’sieur habillé de bleu avec des traits jaunes sur l’épaule qui sonne. Il a un casque sur la tête. Parce qu’il distribue le courrier avec un vélo électrique.

Il tend à la mère-cho un courrier. Avec une superbe minuscule tablette pour signer et garantir à l’expéditeur qu’elle a bien reçu le courrier. Et parce que la société de ce monsieur, souhaite avoir une double confirmation, il faut aussi une signature papier. Le gain de temps est précieux dans la vie de ce monsieur.

« Vous n’auriez pas une place pour moi ? Au moins, ça me fera travailler les cuisses » pensa la mère-cho.

À l’ouverture de l’enveloppe, pas de surprise. Mère-cho arrive en fin de droit.

« Ouais, bon ce n’est pas comme si je ne l’avais pas vue venir hein…encore un tout petit riquiqui mois supplémentaire ç’aurait été bien», pensa-t-elle. Elle monte tranquillement les escaliers, ses pensées se bousculent. Elle se demande comment elle va gérer la suite de ces évènements qui, il y a quelques années aurait été traumatisante pour elle. Le constat est malgré tout là : Elle est une chômeuse, cela n’a pas changé, mais maintenant sans un sous.

« Heureusement » soupir t-elle, «si je dois être une chômeuse et en plus sans sous, autant le faire avoir un minimum de style….il arrive quand mon colis déjà ? » et elle partit vérifier la réception de sa commande.

« Parfois certaines réalités sont assez pénibles pour ne pas y rajouter un grain de futilité pour que cela soit plus supportable » pensa-t-elle.

« Argh, arrête de penser, tu vas gérer, tu vas gérer, tu as toujours géré ».

Quand Samuel rentra, la mère-cho se jeta littéralement sur lui et lui annonça la nouvelle « chuis une chômeuse fauchée…ça y est ils ont coupé les allocs’… ». Son mari la réconforta comme il pouvait, lui d’un naturel si serein.

Les semaines passèrent. Un weed-end elle se décida à se lever bien plus tôt que d’habitude, partit à la boulangerie et laissa ses pensées s’évaporer. Puis soudain, elle s’arrêta au milieu du chemin, en avalant son pain de travers, les yeux écarquillés, elle pensa subitement « mais j’chuis plus une chômeuse, mais chuis une mère au foyer ?!. ?! Han nan, mais chuis une mère au foyer »

L’angoisse l’envahissait. Elle s’était toujours refusée d’être une mère au foyer. Préférant largement le statut de chômeuse qui annonçait un retour probable à l’emploi que celui de mère au foyer qui annonce de devoir se dévouer corps et âme à ses enfants. D’abord le corps et l’âme on verra après.

« bon, ok, respire, arrête toi », « chuis une mère au foyer ou pas ? » « nan, chuis inscrite à pôle emploi, alors chuis bien une chômeuse ».

À ces mots, elle se sentit de nouveau mieux. Et puis re-arrêt pour finalement penser : « t’façon qu’est ce que ça change ? J’ai pas de sous, j’ai pas de sous…alors ? »

Eh oui, finalement cela change quoi ? Elle se mit gentiment sur le chemin du retour, réconforté par sa dernière pensée.

Elle se dit qu’il fallait quand même vérifier cette information avec son mari. Pour avoir bel et bien, la confirmation qu’elle n’était pas une mère au foyer.

« Chéri, est ce que maintenant que j’ai plus d’allocation, je suis devenue une mère au foyer ? ». Pas de réponse du chéri.

« Chéri, EST CE QUE MAINTENANT QUE J’AI PLUS D’ALLOCATION, JE SUIS DEVENUE UNE MÈRE AU FOYER ? ». Un « quoi » se fait entendre.

« Mais tu m’écoutes ? Dis ? Tu as entendu ma question ? Nan tu m’écoutes pas, t’façon toi, cela t’es bien égal, hein, parce qu’après tout c’est MA vie dont il s’agit. C’est moi qui suis SANS sous, bon pas complètement ok, mais c’est MON compte qui restera vide…le néant….total. Chuis à deux doigts de pleurer et toi tu t’en fous… », et là subitement une réponse se fait entendre « J’ai entendu, mais attend, tu as vu cette vidéo, elle est trop drôle…bon oui, tu disais, ben, heu qu’est-ce-que ça change de toute façon et puis on s’y était préparé alors ? »

Où la naissance d’une angoisse commença, mais avec la confirmation qu’elle n’était pas totalement une mère au foyer et pas totalement qu’une femme au chômage…

Ce à quoi elle lui répondit « j’vais me calmer, j’vais faire un tour » et il lui répondit « ha ok, tu sors ? », elle souffla et finit par lui répondre « non, j’vais faire un tour sur le net, où est-ce que tu veux que j’aille pardi ! »

Rendez-vous dimanche 21 mai pour l’épisode numéro 2

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